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Les femmes dans les hôtels de ville du Québec

À pas de tortue vers la parité

À peine 2 % d’augmentation du nombre de femmes élues aux mairies et dans les conseils municipaux du Québec! À ce rythme, il faudra attendre plus de 70 ans pour qu’autant de femmes que d’hommes siègent dans les mairies du Québec et il faudra 50 ans pour que les conseillères et les conseillers municipaux soient en nombres semblables dans les hôtels de ville.

Le 6 novembre dernier, le Québec est passé de 11 % de mairesses à 13 %, et de 24,5 % de conseillères le 5 novembre, nous voilà à 27 %!

Sans chercher de coupables pour cette faible progression, le Groupe Femmes, Politique et Démocratie se désole que les efforts de tout le milieu, des groupes de femmes jusqu’à la ministre Normandeau, se traduisent par des avancées aussi minimes. Faut-il le rappeler, depuis trois ans, un véritable blitz d’information, de formation, de réseautage et de motivation démocratique des femmes a animé toutes les régions du Québec. On peut facilement imaginer que, sans ce déploiement d’énergie, la proportion de femmes élues aurait diminué..

Pistes d’explications

Où faut-il voir les embûches? Quelques pistes de réponses… 1) La tradition fait des conseils municipaux un lieu de pouvoir local extrêmement masculin où les élus, souvent âgés, se renouvellent peu. Le pourcentage de maires élus par acclamation (plus de la moitié) et la reconduction massive des équipes en place indiquent faible ouverture aux nouveaux visages. 2) Les élus démontrent d’ailleurs peu de motivation pour préparer une relève formée de jeunes et de femmes. Sauf exceptions, les maires sortants n’ont pas soutenu de femmes. 3) Il semble, par ailleurs, y avoir une résistance des partis et des équipes à introduire dans leurs rangs des personnes qui, souvent issues de milieux différents (communautaire, scolaire...), risquent de questionner certaines façons de faire. 4) On ne peut passer sous silence le manque d’intérêt des femmes elles-mêmes pour un lieu de pouvoir encore souvent perçu à tort comme l’instance de gestion des trottoirs et des poubelles. 5) Enfin, il faut l’admettre, la vision cynique qui dévalorise actuellement la fonction politique entrave fortement la motivation électorale des femmes.

Pour ces différentes raisons, et sans doute pour d’autres, bon nombre d’aspirantes candidates qui avaient manifesté leur désir de se présenter au cours des deux dernières années et des derniers mois ont, finalement, renoncé à leur projet.

Notes positives

Parallèlement, plusieurs avancées réjouissent le Groupe Femmes, Politique et Démocratie. Ainsi, 27 des 50 participantes aux Écoles d’été Femmes et Démocratie municipale de 2004 et 2005 se sont présentées aux élections du 6 novembre, et 16 d’entre elles ont été élues. Quelques villes, dont Québec et Lévis, avec deux mairesses et une chef de l’opposition, donnent une place prépondérante aux femmes. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean fait, pour sa part, figure avant-gardiste avec à peine 4 % de conseils municipaux totalement masculins. Cette proportion est de plus de 11 % dans l’ensemble du Québec avec un sommet de près de 17 % de conseils uniquement composés d’hommes en Montérégie.

Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie compte poursuivre son travail de formation à l’engagement politique et démocratique auprès des femmes. Une troisième École à l’intention des aspirantes candidates aura d’ailleurs lieu à l’ENAP en 2006. L’objectif : contribuer à accroître la proportion de femmes élues en 2009.


Élaine Hémond, directrice générale
 

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